À Avranches, la maison Béthanie de retraite du Village du Mont Carmel héberge les religieuses âgées de plusieurs congrégations. Depuis que la communauté vieillissante des sœurs de Notre-Dame du Mont Carmel a confié, il y a dix ans, son lieu de vie à la Communauté du Chemin Neuf, cette dernière l’accompagne dans la perte d’autonomie de ses sœurs, pour leur permettre de continuer leur vie religieuse jusqu’au bout.

Depuis plusieurs années, l’établissement accueille plusieurs congrégations religieuses en perte d’autonomie. Les religieuses sont accompagnées par le personnel soignant et par des membres de la Communauté du Chemin Neuf pour rejoindre la crypte, où se déroule les célébrations liturgiques de la journée, située au rez-de-rue.
Les plus autonomes prennent les escaliers, les autres l’ascenseur.

La prière reste le fil conducteur d’une vie consacrée, même lorsque le corps impose ses limites. Marc Hodara, responsable du Village du Carmel et membre de la communauté du Chemin Neuf, explique qu’un système sonore permet de retransmettre les offices dans les chambres. « Les sœurs qui ne peuvent plus se déplacer pour certains offices restent ainsi associées à ce temps de communion fraternelle », précise-t-il. 

L’animation de la liturgie est portée par les membres du Chemin Neuf, aidés par les autres congrégations.

Ici, l’accompagnement repose sur un principe simple : ne jamais faire à la place sans nécessité. « Quand une sœur prend l’ascenseur, on lui demande toujours à quel étage elle souhaite aller », explique Marc Hodara. « C’est souvent à ce moment-là que l’on perçoit une éventuelle désorientation. » L’objectif n’est pas la performance, mais la continuité. « La perte d’autonomie n’est pas instantanée. Ce qui n’est plus possible aujourd’hui peut parfois revenir demain », observe-t-il.

Des gestes simples

Autour de tables de quatre, les religieuses, les prêtres et des laïcs s’installent pour le déjeuner. Certaines peinent à attraper leur serviette rangée dans une pochette. Marc raconte avoir revu sa manière d’intervenir : « Il faut leur laisser faire. Et n’aider que si l’on voit que cela devient impossible. »

Sœur Marie-Catherine, supérieure de la congrégation Notre-Dame du Mont Carmel, partage cette vigilance : « Il ne faut jamais anticiper ce que les personnes ne peuvent plus faire. Il faut continuer de les accompagner pour qu’elles fassent un maximum par elles-mêmes. » 

« Encourager et valoriser »

La perte de mémoire demeure l’épreuve la plus difficile à accepter. Sr Marie-Catherine le constate au quotidien : « Lorsqu’une consœur prend conscience qu’elle perd la mémoire, c’est très douloureux. » Un accompagnement psychologique et une écoute attentive sont alors proposés. « Il ne faut pas souligner les oublis, mais encourager et valoriser », insiste-t-elle.

Pour maintenir le sentiment d’utilité, certains se voient confier de petites missions. L’une d’elles est chargée de disposer le sucre sur les tables lors du café. « Ce geste peut sembler anodin, » souligne sœur Marie-Catherine, « mais il est essentiel pour elle. C’est son service. Il lui rappelle qu’elle est encore capable de servir et d’avoir une responsabilité. »

Au Village du Mont Carmel, la vieillesse n’efface ni la vocation ni le désir de servir. À travers des gestes modestes, des prières partagées ou un accompagnement respectueux de la dignité des personnes, la communauté du Chemin Neuf marche à côté des congrégations vieillissantes et des laïcs afin de les aider à maintenir ce qui fait le cœur de la vie.

Interview de Marc Hodara sur KTO TV: https://www.facebook.com/reel/1957687251793938

Plus d’informations et contacts : https://avranches.chemin-neuf.fr/