Le père Eugène Lehembre, membre de la communauté du Chemin Neuf habitant au monastère de Tibhirine, nous raconte l’histoire de la croix des moines martyrs.

La croix icône qui est dans la chapelle de Tibhirine avait été écrite par une ermite d’Ardèche, Sr Françoise, avec des indications données par Christian de Chergé.

Après la mort des moines, la croix a été transférée à l’abbaye d’Aiguebelle où elle est actuellement.

En 2016, elle a été remplacée à Tibhirine par une croix de la même taille avec un collage d’une photocopie papier de l’originale.

En 2025 nous est venue l’idée à Tibhirine de la remplacer par une véritable croix icône en demandant à une sœur de la communauté du Chemin Neuf, sr Corinne Pesquet, qui écrit des icônes, de faire une copie proche de l’originale.

Corinne a accepté et est allée passer un weekend à l’abbaye d’Aiguebelle pour voir l’icône et la prendre en photo. Ensuite elle l’a réalisé dans son atelier de la maison de Montagnieu en Isère.

Cette croix fait environ 130 cm sur 90 cm.

Le financement a été pris en charge par un frère qui avait déjà assuré celui de la rénovation de la statue de Marie, située sur la colline au-dessus du monastère.

Ensuite, on a organisé le transport jusqu’à Tibhirine. C’est Ania, une sœur de la communauté qui s’en est chargée, elle-même revenant de Lyon vers Alger.

La croix était dans une caisse et elle l’a prise avec elle en bagage accompagné, hors gabarit. Le voyage a été un peu épique et Ania a eu quelques sueurs, mais tout s’est bien passé. Les douaniers à l’aéroport d’Alger ont été bienveillants, encouragés par une lettre de recommandation de notre cardinal évêque Jean-Paul Vesco.

La croix est maintenant à Tibhirine. Elle attend d’être bénite par notre évêque. Elle sera sans doute installée en mai, à l’occasion du pèlerinage diocésain, où on fêtera le trentième anniversaire du départ des moines.

Sur la croix, Jésus est représenté vivant, glorieux : au-dessus de lui l’inscription en arabe ; « Il est vraiment ressuscité ». Comme une parole que nous laissent les moines : ne vous arrêtez pas à la souffrance, regardez plus haut.